Une conférence de l’ONU sur la diversité biologique a commencé ses travaux lundi 18 Octobre 2010 à Nagoya, dans le centre du Japon, afin de trouver des solutions pour enrayer la perte des espèces animales et végétales.

Celle ci va rassembler pendant 12 jours les représentants de 193 pays ayant signé ce traité .

Ce traité fut adopté au Sommet de la Terre à Rio en 1992. (pour rappel,détails ici).

Le ministre japonais de l’Environnement, Ryu Matsumoto,a déclaré des l’ouverture de la confèrence: «  »Nous allons discuter sincèrement de l’avenir de la Terre pour trouver une solution » puis «  »Transmettre une Terre, belle, avec une biodiversité riche, aux prochaines générations est le désir partagé partout dans le monde ».(J’aimerais tant le croire….).

La première Confèrence de 1992 avait été un echec.

En effet,surexploitation des ressources, pollution, modification des habitats, espèces exotiques envahissantes, changement climatique: le taux d’extinction des espèces animales et végétales est désormais « jusqu’à 1.000 fois plus élevé » que le taux historique connu jusqu’à ce jour…

Une espèce d’amphibien sur trois, plus d’un oiseau sur huit, plus d’un mammifère sur cinq et plus d’une espèce de conifèr

e sur quatre sont menacés d’extinction au niveau mondial. L’appauvrissement porte aussi sur les gènes et les écosystèmes, une menace réelle pour de nombreux secteurs, au premier rang desquels l’alimentation.

La biodiversité mondiale a diminué de 30% depuis 1970. Quelque 17 000 espèces seraient, à l’heure actuelle, menacées de disparition : 21% des mammifères, 37% des poissons, 12% des oiseaux Un tiers des mangroves auraient déjà disparu, 13 millions d’hectares de forêts seraient rayés de la carte chaque année.(Chiffres fournis par WWF).

40% de l’économie mondiale dépend directement ou indirectement sur les ressources biologiques.

Les biens naturels et la biodiversité  sont une source essentielle de nourriture, eau, logement, revenus, et constituent les moyens de subsistance de milliards de personnes.

Les ruraux ,pauvres en particulier, dépendent des ressources biologiques pour 90% de leurs besoins quotidiens.

Il est temps d’agir,déclarait Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la Convention.NON SANS RIRE…

« Protéger les forêts protège non seulement les espèces mais aide également à absorber les émissions de dioxyde de carbone qui provoquent un changement climatique »,déclara t il.

« Notre prospérité et en fait notre survie dépendent d’écosystèmes sains », a de son côté déclaré Jim Leape, chef du Fonds Mondial pour la Nature (WWF). « Les forêts, les océans et les rivières sont le fondement de notre société et de notre économie. »

Est il utile de le rappeler?

Dossiers traités pendant la Confèrence:

-Fixer de nouveaux objectifs pour enrayer la perte des espèces à l’horizon 2020,

-Trouver un accord international sur les conditions d’accès des industries du Nord aux ressources génétiques des pays du Sud,

-Dessiner l’évolution de l’aide aux pays les plus pauvres pour protéger leurs ressources naturelles.

Quel serait l’évènement pouvant affirmer du succés de la conférence de Nagoya?

La signature d’un « protocole ABS » (accès et partage des avantages), dont la négociation a été lancée en 2002,serait celui-ci.

Ce protocole permettrait de profiter plus équitablement des bénéfices acquis par l’exploitation des ressources génétiques issues des certaines plantes et végétaux.

Certains pays,le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, sont résolument opposés à l’adoption du protocole ABS.

Un groupe de pays africains réclame une rétroactivité ( non valable pour un traité) afin d’être dédommagés de l’exploitation de leurs ressources durant la colonisation,refusée par les principales puissances.

La création de la Plate-forme scientifique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IpBes), souvent qualifiée de « Giec » de la biodiversité, est également en mise de coté pour l’instant…

(En savoir plus sur l’IPBES,cliquez ici.)

La décision finale sera prise à l’Assemblée générale de l’ONU à la fin de l’année.

Autres sujets développés à Nagoya:

-le mécanisme de lutte contre la déforestation

-Reedet le projet de création du Blue Reed (écosystèmes marins).

-la gestion des zones côtières et l’évaluation économique de la biodiversité.

-Le rapport final de l’étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB).

POUR INFO,Les trois volets du rapport ont toutefois déjà été publiés en 2009 et 2010…

Ecoutez l’appel:

Appel de l’UICN
: le « grand plan
» pour la nature
nécessite un engagement fort

Infos complèmentaires ici.


VIDEO:

Les enjeux de la conférence de Nagoya (Le président de la commission environnement du Parlement européen; le socialiste allemand Jo Leinen nous rappelle les enjeux de la future rencontre de Nagoya. A l’Europe d’être ambitieuse avec un plan de défense de la biodiversité.)
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